De la coco dans la moto

Le Tangue poursuit son rattrapage sur les affaires de dopage qui lui ont échappé pendant son absence. Aujourd’hui : un motard suspendu après avoir pris de la cocaïne.

 

“Nous souffrons du départ à l’arrivée. Voulez-vous savoir comment nous marchons ? Tenez… […] Ça, c’est de la cocaïne pour les yeux, ça, c’est du chloroforme pour les gencives…” La scène est racontée par Albert Londres, dans Les Forçats de la route : dans un café pendant le Tour de 1924, les frères Pélissier veulent abandonner, et balancent tout. 

Aujourd’hui, la science se pose des questions sur le réel intérêt du dopage à la coco, considérée comme une substance “spécifiée”, c’est-à-dire pouvant apporter un gain sur le plan sportif, mais dont la présence est plus souvent dûe à une négligence ou un autre but que l’amélioration des performances. La cocaïne en fait partie : dans la plupart des cas, elle est en effet plutôt utilisée pour rigoler avec les copains que pour gagner une course régionale…

N’empêche : c’est bien à la C qu’un motard réunionnais a été contrôlé positif en juin 2016, sur la course des 8 heures d’endurance cyclo de Saint-Denis. Plus précisément à la benzoylecgonine, son métabolite. Or, la cocaïne disparaissant en trois jours, grand maximum, des urines, sa présence traduit une prise récente. Sur une course d’endurance, elle a bien peu d’intérêt, les effets s’estompant assez rapidement, sauf si le coureur en question s’amusait à se faire un petit rail régulièrement lors des relais. C’est peut-être le cas ; mais l’AFLD a jugé que c’était quand même pas si probable, elle s’est donc cantonnée à sanctionner le sportif réunionnais à un an de suspension. C’est d’ailleurs une histoire ancienne : notifié de sa suspension en 2017, le motard en question pouvait reprendre le guidon en compétition en juin dernier.

L. C.