Sois femme mère avant d’être femme maire

Le Tangue a préféré laissé passer la “Journée internationale du droit des femmes” pour en rire joyeusement ; car derrière les manifestations organisées par les mairies des communes réunionnaises la semaine dernière, se cache un fait : on est la pire région de France en termes de représentation féminine chez les premiers édiles. Mais bon, ça va, y avait un cours de zumba gratos à Saint-André.


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Et si on parlait de la part des femmes à la tête des mairies ? Bah oui, tiens, ce serait pas mal. La parité, tout ça, vous savez… Paraît même qu’elles peuvent voter. Si, si ! Et être élue en prime. La direction générale des collectivités locales (DGCL) a choisi la Journée internationale du 8 mars, consacrée à la question, pour publier un bulletin d’information. Y sont listés tous les chiffres du Ministère de l’Intérieur en la matière, pour la France entière, DOM compris. Et qui c’est les champions, ceux qui ont le moins de femmes siégeant à la tête des hôtels de ville ? Ben c’est nous. Oui, La Réunion est bonne dernière avec 4,2 % de femmes maires dans un classement dominé par l’Île de France où 20,2 % des femmes dirigent des mairies. Dans les DOM, c’est la Guadeloupe qui fait la course en tête avec 25 %, vient ensuite la Guyane. Et, en troisième position, Mayotte. Oui, Mayotte, est devant La Réunion avec 11,8 % de bouénis installées dans les fauteuils de maires. Si vous êtes mauvais en calcul, on va vous filer un petit coup de  main pour compter nos femmes maires. Attention, ça va être rapide. 4,2 % de vingt-cinq communes, cela fait… une maire. En l’occurrence, Vanessa Miranville (DVG) à La Possession. Vous vous souvenez, on vous avez parlé d’elle iciUn chiffre qui reste inchangé depuis le mandat précédent : l’heureuse élue était alors Huguette Bello, aujourd’hui encore députée, à Saint-Paul. 

À l’occasion de cette “Journée internationale des droits des femmes”, on apprenait aussi que sous nos latitudes, les violences faites aux femmes sont aussi plus nombreuses qu’ailleurs. Plus d’une réunionnaise sur trois affirme avoir subi des violences dans l’espace public contre une sur quatre dans l’Hexagone. Le harcèlement sexuel au taf est aussi plus important ici. Dans l’espace public, aussi. Quant aux violences conjugales… on est des battants qu’on vous dit. Et elles, elles sont battues ! En 2017, sur cent vingt-trois femmes tuées par leur conjoint en France, cinq étaient réunionnaises. Pour être clair ? Alors que La Réunion représente 1,2% de la population française, la proportion des femmes tuées par leur conjoint en France est de 4%. Cette même année, un rapport gouvernemental sur la question montrait qu’il y avait à La Réunion deux fois plus de violences conjugales mortelles qu’ailleurs dans l’hexagone. On est les champions ! On est, on est, on est les champions !

Nicolas Goinard