Tu parles d’un grand remplacement…

L’Insee vient de sortir ses chiffres du recensement de la population au 1er janvier 2016. Qu’apprend-on ? Que la croissance du nombre d’habitants est plus due aux naissances dans l’Île qu’au solde migratoire. Pour le grand remplacement, il faudra repasser. Et vu les chiffres, ça va, on n’est pas encore prêt d’être envahis par les migrants.


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Ah, elles ont fière allure, les hordes de Métropolitains qui viennent piquer le boulot des Réunionnais, qui semblent tant inquiéter (attention, lien un peu facho) Philippe Cadet, le prof qui donne des conférences sur le “Grand remplacement” en s’intéressant manifestement beaucoup aux lieux de naissance des habitants de La Réunion, histoire d’opposer les “Zoreys” et les autres. Les premiers envahissant les seconds, selon le monsieur. Tellement fière allure qu’en fait, eh bien… ces hordes-là n’en sont pas : si la population réunionnaise grandit, c’est parce qu’elle fait des bébés. Oui, ma bonne dame, des bébés bien de chez nous.

Il y a quelques heures, l’Insee Réunion sortait donc son habituel recensement des populations légales : en 2016, nous étions 852 900 habitants à La Réunion. Ça nous fait une belle jambe surtout qu’on ne voit pas vraiment ce que ça fait, un million.

 

 

 

Comme souvent, avec l’Insee, on a quelques explications avec les chiffres. On apprend notamment que la population du département grandit plus vite que dans l’Hexagone (0,6% ici contre 0,4% là-bas, sur la période 2011-2016), mais qu’elle ralentit (entre 2006 et 2011, nous étions à +1,2%).

Mais surtout, cette remarque : “À La Réunion, le solde naturel porte la croissance démographique. L’excédent des naissances sur les décès conduit à une hausse de la population de 9 800 habitants par an en moyenne entre 2011 et 2016, soit + 1,2 % par an. […] Par ailleurs, les départs de La Réunion, plus nombreux que les arrivées sur la période récente, ralentissent la croissance de la population.” Ce qui veut dire, concrètement, que si plus de personnes arrivent à La Réunion qu’elles n’en partent (et rien ne dit que les personne qui arrivent ne sont pas nées à La Réunion, c’est-à-dire qu’elles sont simplement de retour…), la population augmente surtout parce qu’ici, les locaux font des bébés.

Autre remarque, pour conclure : chaque année, La Réunion augmente finalement de 4870 habitants. On vous l’assure : rajoutez à cela quelques dizaines de Sri Lankais, et ce ne sera pas l’apocalypse qu’on lit sur des sites d’information locaux, qu’on avait pourtant promis de ne pas lire, mais comme on est un peu idiots…

L. C.