Quand Thierry Robert cite Coubertin…

Les citation de Pierre de Coubertin, faut quand même un peu faire gaffe.


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À force de raconter des conneries, Thierry Robert a décidé de parler un peu moins, et de citer les autres. Ce qui, nous allons le voir, n’est pas une bonne idée. Ainsi, il utilise désormais des citations de personnalités morte pour s’exprimer sur sa page Facebook. Mais le problème, avec les citations, c’est déjà de s’assurer de la véracité de celles-ci, puis de pedigree de son auteur. Ce qu’il n’a pas fait pour la dernière, du moins espérons-le.

Depuis quelques jours, sa page d’accueil est ornée d’une citation de Pierre de Coubertin : “Chaque difficulté rencontrée doit être l’occasion d’un nouveau progrès.” Citation issue d’un de ses posts de la semaine dernière.

 Un rapide tour sur Wikipedia lui aurait quand même permis de lire deux-trois trucs. 

Pierre de Coubertin, le tonton un peu facho et franchement gênant pendant les repas de famille.

Ici, nous allons, nous aussi, nous permettre de citer Pierre de Coubertin, un type vraiment sympa : 

  • Dès les premiers jours j’étais un colonial fanatique.” (Mémoires, 1936) ;
  • De quel regard ému ne suivez-vous pas les hommes audacieux qui parcourent le continent noir et répandent vaillamment leur sang pour planter une fois de plus nos trois couleurs sur une case indigène ?” (Conférence de presse de 1890) ; 
  • Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance.” (cité dans La vie et l’œuvre pédagogique de Pierre de Coubertin, 1975 ; on peut aussi lire en entier ce torchon, sur le même thème) ; 
  • Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Eh ! bien, c’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts.” (cité dans Et Didon créa la devise des Jeux Olympiques, 2006) ; 
  • “[La Journée anthropologique] se dépouillera naturellement de ses oripeaux lorsque ces Noirs, ces Rouges, ces Jaunes apprendront à courir, à sauter, à lancer et laisseront les Blancs derrière eux.” (Parlant des “Journées anthropologiques” des Jeux de Saint-Louis, compétitions réservées à des athlètes non-blanches, Mémoires olympiques, 1931) ; 
  • Une petite olympiade femelle à côté de la grande olympiade mâle. Où serait l’intérêt ? […] Impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d’ajouter : incorrecte, telle serait à notre avis cette demi-olympiade féminine. Ce n’est pas là notre conception des Jeux olympiques dans lesquels nous estimons qu’on a cherché et qu’on doit continuer de chercher la réalisation de la formule que voici : l’exaltation solennelle et périodique de l’athlétisme mâle avec l’internationalisme pour base, la loyauté pour moyen, l’art pour cadre et l’applaudissement féminin pour récompense.” (Les femmes aux Jeux olympiques, 1912) ; 
  • Parlant des Jeux de Berlin, en 1936 : “Comment voudriez-vous que je répudie la célébration de la XIe Olympiade ? Puisque aussi bien cette glorification du régime nazi a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu’ils ont connu.” (Cité dans L’Auto, 4 septembre 1936).

C’était tellement sympa, les Jeux de Berlin, que Coubertin a trouvé ça super.

Thierry Robert, celui qui parle justement beaucoup de sa couleur de peau (et de celle des autres), de colonialisme et autres, nous cite donc un réac’ de bon aloi, raciste, colonialiste, misogyne et moustachu. Ça nous fait penser à un pote, qui répétait souvent : “Oui, mais Eva Braun aimait le jazz…

Loïc Chaux