Par où t’es rentré ? On t’as pas vu sortir

Le Tangue en avait un peu marre, de fréquenter du prolo sur les blocages. Alors, cet après-midi, il est allé à la Préfecture, voir du patron, du vrai, du genre qui met des chemises blanches, qui roule en grosse voiture, qui est assommé par les charges et qui trouve que le Smic à 1100 euros, c’est quand même un peu trop. Ça tombait bien, les représentants du monde économique (Medef, CCIR, banques, etc.) étaient reçus par le Préfet. À leur arrivée, les quelques “Gilets jaunes” sur place – la plupart restent sur les routes – les ont agonis d’injures de derrière les barrières. 

Hélas, une heure plus tard, sans doute trop timides, nos “décideurs” ont évité la porte de devant. Celle de derrière, aussi, parce que les journalistes sont malins, il l’ont guettée aussi. On ne sait pas vraiment par où ils sont passés, mais ils ont tout fait, en tous cas, pour croiser le moins de monde. On en a finalement retrouvé quelques uns plus haut, au croisement de la rue Labourdonnais et Lucien-Gasparin, en train de se taper dans le dos et de bien rigoler. Sans doute assez fiers d’avoir trouvé un nouveau moyen de quitter la Préfecture sans se faire emmerder par ces salauds de pauvres qui font rien qu’à demander des augmentations.

L. C.