Quand ce n’est pas le matériel périmé, c’est la fatigue qui blesse les policiers

 

Si Le Tangue était méchant, il dirait que ce flic avait deux mains gauches et que maintenant, il n’en a plus qu’une seule… Mais Le Tangue est bienveillant. Il n’accablera donc pas ce fonctionnaire qui, en pleine émeute, a été blessé par son propre matériel, en l’occurrence, une grenade offensive dont la dangerosité est réputée. À Sivens, c’est une arme de ce genre qui avait coûté la vie a Rémi Fraisse et qui avait arraché la main d’un autre zadiste. 

En marge d’une opération de maintien de l’ordre, cette grenade a, selon un des collègues du policier, glissé de sa main alors qu’il était en voiture. Il aurait voulu la ramasser et c’est à ce moment que la grenade a explosé dans sa mimine droite. Boum ! L’homme a ensuite dû être amputé. Son collègue met cet accident sur le compte de la fatigue, “avec des vacations à rallonge” et “sans renfort“…

Une histoire qui n’est pas sans rappeler au Tangue cet autre flic éclopé après des émeutes de 2010. Lui, affecté à la Brigade anti-criminalité du Port avait eu le torse brûlé par une grenade lacrymogène qui avait pris feu alors qu’elle était encore sur son gilet tactique. En voulant la retirer, il s’était cramé la main. La grenade avait explosé à quelques mètres de lui et accessoirement du jeune à qui il était en train de passer les bracelets. Problème de taille, le matériel était défectueux. Pis, il était périmé depuis le début des années quatre-vingt… Un peu comme le sous-marin russe Koursk coulé par sa propre torpille qui a explosé à bord.

À l’époque, le syndicat de police Alliance avait fait l’inventaire de toutes les grenades hors d’âge se trouvant dans les commissariats de l’Île. 70 % des stocks avaient dépassé la date limite de péremption. Désormais, la situation s’est améliorée d’un point de vue logistique. Encore faut-il que les flics apprennent à s’en servir.

P. A.

Modification à 19h43 : Rémi Fraisse est dcédé à Sivens, et non à Notre-Dame-des-Landes, comme indiqué initialement.