Coup de cœur, plan “Grand Froid” et dinosaures

Épisode 8. Le Tangue aime bien la campagne. Surtout celle des municipales. En ville et dans les champs, il flaire les embrouilles.

 

Samedi 16 novembre

Ce n’est pas parce qu’il a fait condamner Le Tangue pour l’avoir diffamé que Tillier peut se servir gratis chez nous. Dans son interminable édito du samedi, le Jacquot nous fait croire qu’il a “sous le nez” en primeur le rapport pas encore public de la Chambre régionale des comptes sur le CCAS de Sainte-Marie. On n’est pas gros ker, au Tangue, mais on lui rappelle qu’il a déjà pu lire facilement les meilleurs passages sur notre site trois jours plus tôt. Mais si ça peut lui permettre de parler d’autres chose que des sujets qu’il rabâche tous les samedis…

Raymond Vimbaye veut “rendre la vie saint-pierroise meilleure et aménager le changement avec un progrès social.” C’est un projet respectable. Le Quotidien nous apprend que cet opposant à Michel Fontaine a “programmé quelque 200 réunions dans tous les quartiers.” Sachant que les élections auront lieu dans un peu plus de cent dix jours, M. Vimbaye va devoir mettre les bouchées double.

On n’avait pas encore repéré tout son potentiel, mais Gérald Maillot est un sacré compétiteur dans le concours de langue de bois. Cet élu dionysien qui se voyait bien maire de la ville a finalement préféré Sainte-Marie. Lui qui n’avait d’yeux que pour La Bretagne confie au JIRavoir eu un véritable coup de coeur” pour les Sainte-Mariens. Au Tangue, on en a les larmes aux yeux. Et on rigole bien de le voir si prudent au sujet des casseroles qui entourent l’équipe à Jean-Louis Lagourgue et de Richard Nirlo. Il faut dire que Gérald Maillot, avec ses histoires de construction sans permis à la Bretagne révélées par Le Quotidien, a plutôt intérêt à faire profil bas, et à ne pas trop causer affaires judiciaires en visant ses concurrents.

Les soucis de Didier Robert pour boucler le budget de la Région avant la fin de l’année ? Jamais de la vie, explique complaisamment dans le JIR le président de la Pyramide inversée. “Il n’y a pas de problématique budgétaire Région”, affirme-t-il. Oubliée, la continuité territoriale qui coûte très cher, selon la Chambre régionale des comptes. Disparu le coût faramineux du chantier de la NRL pour les caisses de la collectivité, d’après la Cour des comptes. Envolées les remarques de ces mêmes magistrats sur l’endettement et les capacités à rembourser. Pour Didier Robert, le vrai coupable est à trouver du côté de l’État, qui devrait près de cent millions à la Région. Si on compare avec les soixante millions qui manquent, ça nous fait donc du quarante millions de bénéf’. De quoi acheter des cailloux à Maurice ?

 

Dimanche 17 novembre

Non, Juliana M’Doihoma, conseillère de la majorité régionale n’en veut pas à son copain Didier Robert de soutenir, à Saint-Louis, son adversaire Cyrille Hamilcaro. “La question de la déception ne se pose pas”, affirme-elle comme pour se convaincre dans une large interview au JIR. “Ca ne change rien pour moi, ni ici, ni là-bas.” On a quand même du mal à gober ça. Celle qui veut être la première maire femme de Saint-Louis cherche avant tout à ménager “DR”. Et dire que la jeune candidate veut nous faire croire qu’elle appartient “à cette nouvelle génération qui a un logiciel différent.”

Au Tampon, Jean-Jacques Vlody, ex-député PS, concède qu’il est “un homme de gauche, un social-démocrate”. En présentant sa candidature notamment sur Linfo.re, le leader d’une “Union citoyenne” explique qu’il “est prêt à travailler avec des gens de droite sur un projet municipal.” On comprend qu’il ménage l’électorat de droite dans une commune qui a voté à 38,18% pour Marine Le Pen aux européennes et à 50,15% à la présidentielle, soit largement plus que la moyenne du FN à la Réunion. C’est ce qui s’appelle prendre une assurance.

Plutôt lucide et prudent, Philippe Le Constant, candidat à Saint-Benoît. Comme nous le raconte Témoignages, le leader d’une liste d’union de la gauche entend ne “pas faire de promesses qui ne seront pas tenues.” Une position touchante et plutôt sage en raison de la situation financière préoccupante de la commune accusant un sérieux déficit. D’où sa prise de distance avec Jean-Claude Fruteau “qui lui a tout appris en politique” mais dont il refuse de dire qu’il est son héritier en tant qu’ancien bras-droit pendant des années. Avant de glisser qu’il “n’est plus élu depuis 2014.” L’héritage, non. Le droit d’inventaire, oui !

 

Lundi 18 novembre

Thierry Robert a perdu son référé-liberté devant le tribunal administratif pour s’opposer à la décision du Conseil constitutionnel de le rendre inéligible pour trois ans en raison de ses difficultés à payer ses impôts. Pas vraiment contents, les avocats de l’ex-député expliquent que le juge l’a joué petit-bras. Qu’ils sont suivi “servilement” le préfet et le Conseil constitutionnel. “Nous aurions préféré un juge plus courageux”, lancent-ils dans un commentaire. Enfin, surtout des juges qui leur donnent raison. Ou qui auraient pris conscience de la grandiose démonstration juridique plaidée par ces mêmes avocats. Car modestement, les deux avocats considèrent que “la solution préconisée par nos soins, était révolutionnaire.” En toute modestie. La même que leur légendaire client.

C’était un secret de polichinelle, Nassimah Dindar se lance. Pour l’anecdote, lorsque Zinfos avait annoncé sa candidature en août, Nassimah avait qualifié l’info de “Fake news“. Elle est géniale. La sénatrice explique que sa liste est une “liste ouverte à tout le monde et aux compétences.” On devine le sens cette annonce en forme d’appel à l’aide : la liste ne comporte aucun soutien de poids. Ce n’est pas Erik Fontaine, un égaré de la France Insoumise, ni l’avocat Chendra Kichenin, Marcheur un peu solitaire, qui font oublier l’absence de personnalités politiques. Mais comme le dit Nassimah Dindar au micro de Réunion 1ère, “les batailles politiciennes ne m’importent pas, ce sont les états d’âmes des Dionysiens qui m’intéressent.” Un cas magnifique de franc-parler qui annonce de belles empoignades, trahisons, coups bas et revirements dans le camp de la droite à Saint-Denis.

Faudrait aussi le signaler à Nassimah Dindar : il n’y aura qu’un seul maire à Saint-Denis. Car pour faire passer la pilule à Ibrahim Dindar, la sénatrice explique que son conjoint aurait bien pu lui aussi faire une excellente tête de liste mais qu’un sondage auprès des Dionysiens lui a donné une petit avance. “Lui connaît les dossiers et moi c’est la proximité”, a-t-elle lancé. Une sorte de dyarchie au pouvoir…

Il faut le croire ! Alain Armand répète que, malgré sa lourde condamnation devant la cour d’appel, il ne se présente pas comme candidat à la maire de Saint-Denis pour faire couler Gilbert Annette jugé responsable de ses soucis judiciaires. Dans un entretien chez Zinfos974, l’élu dit “ne pas faire dans la vengeance .” Avant d’expliquer gentiment que Gilbert Annette est “nuisible pour Saint-Denis” en l’accusant de “favoritisme à tous les niveaux.”

 

Mardi 19 novembre

Les rappels des faits sont souvent cruels. Ainsi, Le Quotidien revient sur des déclarations d’Erick Fontaine, qui avait présenté le 30 octobre une liste “Alternative citoyenne” à la Possession. Lui, l’opposant farouche de Vanessa Miranville et représentant de La France Insoumise a donc décidé de rallier une candidate de droite. “C’est un choix qui n’a pas été facile”, explique-t-il. Le couple Dindar saura-t-il lui trouver un lot de consolation ?

Quand une affaire fait des petits… Lors de son procès pour harcèlement moral d’une collaboratrice, Jean-Claude Lacouture a donné dans la défense gros doigts. Mise au placard, l’ancienne directrice du CCAS, la victime, avait été recasée sur un poste bidon, chargée de gérer le plan “Grand Froid” (attention, contrepèterie) à l’Étang-Salé. On imagine que cela devait lui donner des journées bien remplies. Un emploi fictif, a reconnu à l’audience le maire : “Il fallait lui trouver un poste pour qu’elle soit payée.” De quoi lancer une nouvelle enquête pour détournements de fonds publics. Des aveux chers payés et qui permettent à la partie civile de faire coup double avec une condamnation pour le maire et de futurs soucis judiciaires. Chapeau l’artiste.

 

Mercredi 20 novembre

Dans le requin, tout est bon. Surtout pour la récupération. Candidat aux municipales à l’Etang-Salé, Gilles Clain alerte la population dans une tribune libre chez Imaz Press sur la présence d’un requin bouledogue juvénile observé dans le bassin pirogue. “Demain, qu’en sera t-il s’il s’agit d’un requin adulte?”, lance-t-il pour nous filer la trouille et balancer sur la mairie. “Il est temps d’agir”, martèle le candidat. Et de nous balancer sa solution : “La construction d’une digue artificielle qui irait du bassin pirogue jusqu’au tournant des boutures de coraux réimplantées sur cette barrière.” Au fait, ça coûte combien cette infrastructure ? La course aux projets qui rasent gratis est lancée.

On est rassuré de l’apprendre. Le JIR nous indique que La Réunion a été “plus raisonnable” au moment d’envoyer des délégations au Congrès des Maires de France. On serait passés de deux cents représentants à moins de la moitié. La palme revient à la mairie de Sainte-Marie avec, quand même, quatorze délégués, dont le maire, des adjoints et l’époux d’une adjointe. Il fallait bien tout ce petit monde pour prendre le pouls de la vie parisienne et suivre les débats de l’AMF, notamment sur les finances locales. On peut féliciter les élus sainte-mariens de s’intéresser à une telle thématique et suivre des formations tant les dérapages ont été nombreux dans ce domaine ces dernières années.

 

Jeudi 21 novembre

Didier Robert cherche des soutiens pour se lancer à Saint-Denis. Du côté de Paris et de la République en marche. Mais aussi, localement, dans le camp de la droite. Selon Imaz Press, le président de Région “veut jouer la carte de René-Paul Victoria.” Pas très nouveau monde cette personnalité. Oubliée la petite phrase sur les “dinosaures de la politique ?”

À la Possession, Vincent Rivière, qui lance sa liste “Alternative citoyenne” a l’art de renouveler le vocabulaire politique. Selon lui, dans Le Quotidien, ses candidats ne sont pas là pour “enfiler les costumes actuels des notables” mais pour les “redessiner intégralement.” Ce qui lui permet donc plus facilement de tailler un costard à Vanessa Miranville qui “n’a pas réalisé près de 70% de son programme.

 

Vendredi 22 novembre

On en parle assez peu, et c’est dommage : désormais le vendredi, l’édito de Yves Montrouge chez Free Dom est une mine d’informations pour ceux qui désirent être particulièrement pointus sur le front des municipales. Petit jeu : parmi tous ces illustres inconnus, un seul ne sera sur aucune liste réunionnaise : Loulou Henry, Jean Piot, Patrick Dalleau, Jean-Christian Ranu, Vincent Rivière. La réponse ici.

Pendant ce temps-là, à Saint-Denis, Annette invite la presse pour une conférence, avant de décommander. On n’en peut plus, on n’en peut plus, et on se demande s’il va se présenter ou non. Va-t-on tenir jusqu’à lundi ?

 

La rédaction du Tangue