Boyer-Pitou apprend vite

 

Moins d’une semaine : c’est le temps qu’il aura fallu à Herwine Boyer-Pitou, la maire de Saint-Benoît après le départ de Jean-Claude Fruteau, pour savoir utiliser la langue de bois et la démagogie. Un record.

Interviewée hier par Réunion 1ère, elle nous a fait un sans-faute. D’abord sur la réouverture des écoles dans sa commune le 18 mai, à laquelle, comme beaucoup de maires, elle s’oppose : “Alors, sachez que nous avons pleinement conscience que nos enfants doivent retrouver le plus rapidement possible le chemin de l’école. Mais pas à n’importe quelle condition.” Elle sous-entend donc que les maires qui ont annoncé ouvrir leurs écoles bientôt, que les associations de parents d’élèves et les pédiatres qui militent pour une rentrée le plus tôt possible mettraient en danger la sécurité des enfants. Soit.

Elle risque de bien s’entendre avec son voisin de Sainte-Rose, Michel Vergoz, qui exprimait, dans une excellente interview dans le JIR la semaine dernière, “un sentiment de révolte que je porte depuis longtemps sur la question de l’école qui, pour moi, est un pilier de notre société et sur laquelle je ne veux pas transiger. Je me base sur des éléments objectifs qui sont ceux de la situation sanitaire. […] Dans les années 65, quand j’avais 15-16 ans, on sortait de l’école au 15 décembre et on réapparaissait au mois de mars. Ceux qui étaient un peu turbulents, insouciants, dont je faisais partie, revenaient à l’école après trois mois confinés dans des boîtes de jeux, si j’ose dire, et étaient complètement “dé-souchés”. Je sais les dégâts que ça représente.” Bim.

Interrogée, encore, sur une éventuelle candidature aux municipales si celles-ci devaient recommencer du début, Boyer-Pitou, qui n’était pourtant pas candidate en mars, aurait pu faire passer un vent de fraîcheur, c’est-à-dire répondre à une question. Mais les vieilles recettes fonctionnent encore parfaitement. On vous recopie l’extrait en entier : 

 

Journaliste de Réunion 1ère : “Je me permets une dernière question, vraiment très rapidement, sur les municipales : si les cartes sont redistribuées, si on refait le premier tour, vous vous présenterez ?

Herwine Boyer-Pitou : Écoutez, je n’étais pas candidate aux élections du mois de mars, parce que je me devais de remplacer mes engagements jusqu’au bout envers monsieur le maire. Je suis garante de la mise en place de l’organisation des nouvelles élections. Ma seule ambition pour le moment, c’est de continuer à gérer cette crise et à assurer mes fonctions de maire.”

 

On connaît des ventilateurs qui brassent moins d’air.

L. C.

 

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