Le concours l’épine

“Il y aura les deux semaines de vacances, en octobre, donc on a regardé, il ne manquera pas tellement l’école, et puis on veillera à tout se passe bien.”

Dans Le Quotidien, le père de Soan Arhimann, un petit garçon qui participe à un des innombrables radio crochets de la télé (là, c’est sur TF1), n’a pas l’air de trop s’inquiéter du fait que son marmaille va manquer plusieurs semaines de cours pour aller faire le guignol à la télé. Le brevet ? Pour Soan, c’est option “Anges de la téléréalité” !

“Ce sera donc une ville du sud-ouest de la France, même si la mer y est moins attrayante, et les vagues bien plus rarement spectaculaires. Ou alors à l’autre bout du monde à Tahiti, avec une vague certes de niveau mondial, mais impossible à regarder depuis la plage car trop éloignée du rivage, des infrastructures moindres par rapport aux nôtres, où nous avons l’habitude d’accueillir des gros événements.”

La tribune d’Océan prévention Réunion (OPR), reprise par l’ensemble de nos confrères, se désolant de l’absence de La Réunion aux candidatures d’organisation des épreuves de surf des JO de Paris est un monument de mauvaise foi, nous vous conseillons de la lire en entier. Paraît qu’on aurait besoin des JO pour le tourisme. Ça dézingue au passage tous les autres spots français candidats (ils risquent d’être contents, à Lacanau…), et notamment celui de Tahiti qui aurait “des infrastructures moindres par rapport aux nôtres, où nous avons l’habitude d’accueillir des gros événements.” Ben oui, quoi, Teahupoo, c’est juste une des étapes du championnat du monde de surf depuis vingt ans, z’ont pas trop l’habitude, les mecs. Demandez donc à votre copain Jérémy Florès, il connaît un peu, là-bas.

“L’esclavage des Noirs, envoyés aux États-Unis ou ailleurs, c’était exactement le contraire (de la Shoah, NdT). L’idée, c’était au contraire qu’ils soient en pleine forme, qu’ils soient en bonne santé pour pouvoir les vendre, pour qu’ils soient commercialisables.”

Christine Angot, dans On N’est pas Couchés, fait une excellente mise au point : Costa Croisières et le Club Med ont été inventés bien avant ce qu’on veut bien nous dire, puisque ça date du XVIe siècle. Au moins, quand Brigitte Bardot raconte des insanités, elle ne le fait pas devant des millions de téléspectateurs, à une heure de grande écoute.

“Cette île qu’ils appellent “l’île du diable” […] Les autochtones ont gardé leurs gènes de sauvages […] Tout ça a des réminiscences de cannibalisme des siècles passés […] J’ai honte de cette île, de la sauvagerie qui y règne encore […] une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches. […] cette île démoniaque.”

On tient peut-être ici notre plus grand vainqueur du concours l’épine de toute notre courte histoire, avec cette lettre écrite par Brigitte Bardot au préfet. Au Tangue, on y voit un formidable plaidoyer pour l’euthanasie : il faudrait vraiment aider les vieilles personnes à s’en aller dignement.

“Le joueur qui avait été embauché à la mairie grâce au foot pouvait percevoir jusqu’à 50 à 60% de son salaire de la part du club. On avait cette chance à l’époque de bénéficier de subventions et d’emplois de la municipalité qui nous ont beaucoup aidé.”

Dans le Jir du 10/02, Abdul Cadjee semble regretter cette époque bénie où les impôts locaux des communes servaient à financer les pousse-cailloux de la Saint-Pierroise. C’est vrai, quoi, vous commencez à nous prendre la tête avec vos écoles primaires et vos rues à rénover.