Virapoullé, la campagne décomplexée

 

Pour Jean-Marie Virapoullé, la campagne n’attend pas. Il a beau s’en défendre, le candidat aux municipales de Saint-André qualifié pour le deuxième tour a senti le bon filon, en pleine épidémie de Covid-19 : il surfe à fond sur la vague.

Nous l’avions laissé, il y a deux semaines, en train de faire la promotion de sa “désinfection” des rues, puis d’essayer de justifier son opération dangereuse pour la nature et inutile dans le cadre de la lutte contre la Covid. Il s’était alors découvert une nouvelle délégation au sein du conseil municipal, celle de “délégué à la santé“, alors qu’elle était jusque-là attribuée à un autre de ses petits camarades du conseil municipal. Le Tangue, avec l’esprit mal tourné dont il est coutumier, en avait déduit que Jean-Marie en avait surtout profité pour briller devant les caméras, et montrer un peu sa trombine avant le deuxième tour. Votre bête pleine de piquants est décidément mauvaise langue.

Ce serait mal connaître le fils de Jean-Paul, qui d’ailleurs est toujours maire, mais qui n’apparaît plus dans la communication la ville de Saint-André, laissant donc son candidat de fils aller au front. Tout comme lors de l’épisode des tablettes d’hier qui, évidemment, n’a rien à voir avec une campagne électorale déguisée. On vous raconte.

Hier, tout la presse locale était donc invitée à Saint-André, à l’occasion d’une “distribution” de cinq cents tablettes numériques à l’attention des habitants les moins fortunés, et sans équipement informatique. En période de confinement, et alors que les élèves sont bloqués à la maison et doivent continuer à s’instruire à distance, cette tentative de réduction de la fracture numérique par les pouvoirs publics se doit d’être saluée. Le Tangue tire donc son chapeau.

 

Réunion d’habitants en plein confinement, sous les caméras.

 

Mais dans un monde parfait, les municipalités distribuent leur matos en silence. Surtout en ce moment, où il faut éviter de demander aux gens de se déplacer : apporter les tablettes directement chez les gens, pour éviter des réunions dans des pièces fermées eût été judicieux. Mais hier, rien de tout cela. Les bénéficiaires ont dû se déplacer pour recevoir, devant les caméras et appareils photos des médias, et des mains de nos valeureux élus, les précieux objets.

C’est curieux : selon les mots-mêmes de la mairie, ces tablettes sont “financées à hauteur de 40 000 euros par le CCAS, grâce à la dotation du Département inscrite dans le cadre du Plan de solidarité sanitaire.” Elles ne sont donc pas financées par la ville de Saint-André. Pourtant, qui est apparu au milieu de tous ? Le Jean-Marie Virapoullé, bien entendu. À notre connaissance, il n’est pas le président, ni même le vice-président du CCAS. Ses délégations, à la mairie, ne concernent pas le “numérique” non plus, ni même les actions solidaires. D’accord, il est aussi élu au conseil départemental, membre  de la commission des solidarités et de la cohésion sociale. Mais cela ne semble pas être la raison de sa présence, et du fait qu’il distribue lui-même les tablettes, sans aucun respect des gestes barrières : sur le site de la mairie, il n’est pas question du Département, mais bien de “La ville de Saint-André distribution de tablettes tactiles aux familles (sic)” Ce qui est d’ailleurs faux, puisque c’est bien le CCAS qui a financé l’opération. Les images, fournies par la mairie elle-même, montrent bien un Jean-Marie Virapoullé venant aider les plus pauvres, en héros qui n’a, pourtant, rien à faire là. À part rameuter de l’électeur.

 

 

 

Tiens, au passage, le confinement, les gestes barrière, tout ça, apparemment, on a laissé tomber, dans la cité de l’Est. On javellise les trottoirs, mais on invite les gens à se déplacer, à se toucher, à bavarder, élus compris, le masque sous le menton. Jean-Marie Virapoullé a certainement une étude américaine sous la main pour nous expliquer que c’était une bonne idée.

 

Distances sociales, port correct du masque, c’est la totale.                                                                                    Photo : Ville de Saint-André.

 

L. C.

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