Tut tut, vroum vroum

Le Tangue a dû manquer un épisode : il croyait que les “gilets jaunes” luttaient contre l’augmentation du prix de l’essence.


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Pour que votre bête à piquants favorite accepte de ne pas aller tremper le museau dans la Dodo un vendredi soir, il fallait bien au moins qu’il doive se lever tôt un samedi matin, pour aller voir un peu ce qui allait se passer dans les manifestations “organisées” (les guillemets sont tout à fait volontaires) sur les réseaux sociaux par les “gilets jaunes”. Initialement, il s’agissait de manifester contre les futures hausses des prix des carburants, s’il a bien suivi les actus ces deux dernières semaines. Apparemment, à La Réunion en tous cas, et à Saint-Denis en particulier – il ne s’est pas amusé à faire le tour de l’Île, vu le bordel – le prix de l’essence n’est en fait pas du tout un problème, du moins pour les manifestants qu’il a croisés aujourd’hui.

À 7h45, au Barachois, les bus de la Citalis fonctionnaient encore. Et puisque l’essence est si chère, que c’était un peu le fil rouge de la journée, Le Tangue s’attendait à voir les transports en commun déverser un flot continu de gilets fluos au lieu de rendez-vous. Premier étonnement : personne n’est venu en bus. Au lieu de cela, des voitures, encore des voitures, cherchant de quoi se garer. Des voitures à peine remplies à moitié, quelques 4×4, des motos, remplissant les parkings aux alentours de la Préfecture. L’essence est chère, mais ça en cramait déjà de grand matin.

Le rassemblement commencé, le Collectif 974 tentait bien, au micro, de faire traverser et retraverser gentiment quelques grappes de manifestants sur les passages pour piétons du Barachois ; il fut bien vite débordé par quelques membres qui se dirigeaient vers la Route du Littoral, emmenant tout le monde bloquer complètement la route. Imposant aux autos concernées par ces barrages filtrants de s’arrêter, redémarrer, s’arrêter, redémarrer. Impossible de plus faire consommer une bagnole qu’en la mettant à ce régime-là. 

Dans le tunnel à l’entrée de Saint-Denis, sur la Nationale, c’était alors un concert d’avertisseurs sonores qui provoquaient les exclamations de manifestants demandant la démission de Macron, la baisse du coût de la vie, oubliant complètement ces histoires de carburants. Ce qui provoqua le plus de bravos ? Un groupe de motards, sous le tunnel, moteur à fond, rupteurs qui claquent, pollution et barouf en prime. Encore de l’essence cramée, joyeusement et sous les hourras. Et plein de fumées qui sentent bon dans les narines des copains de derrière, bloqués. On en aurait bien rajouté sur ces “Zoreils dehors !” qu’on a entendus lorsqu’un automobiliste est sorti de sa voiture pour s’expliquer avec les manifestants qui lui refusaient le passage; mais décidément, on avait assez rigolé pour la journée, et on a préféré rentrer faire la sieste.

À pied.

Loïc Chaux

 

Vroum vroum” fait la moto. “Bravo, bravo“, font les manifestants.