Adieu, Bois de paille-en-queue, gecko de Manapany et liane savon…

Seulement quelques jours après l’avis du Conseil national de la protection de la nature s’inquiétant notamment de la mise en danger de certaines espèces par les travaux de la Nouvelle route du littoral, l’Observatoire national de la biodiversité a diffusé un rapport alarmant où l’on peut lire que “26 % des espèces évaluées présentent aujourd’hui un risque de disparition au niveau français. Ce risque est nettement plus élevé dans les outre-mer (40 %) par rapport à la métropole (22 %).


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Pour info, un Bois de paille-en-queue, c’est ça. Suffit d’aller voir sur wikipedia. (photo : B. Navez)

Ces derniers jours, nous avons pu lire chez quelques uns de nos chers confrères que le Bois de paille-en-queue n’était pas digne d’intérêt, et qu’il pouvait bien crever, tant qu’il n’avait pas l’outrecuidance de retarder les travaux de la NRL. Nous, au Tangue, le Bois de paille-en-queue, on ne voit pas vraiment pourquoi il aurait droit à l’extinction tout ça parce qu’il est petit et méconnu. Sachant qu’il y a encore plusieurs millions d’espèces inconnues, et qu’elles sont presque toutes très petites, ça fait beaucoup de monde à buter, si, on y réfléchit bien.

Si nous vous parlons de cet arbrisseau, c’est parce qu’il occupe une grande place dans les inquiétudes du Conseil national de la protection de la nature (voir ici notre papier sur le sujet), dont l’avis est sorti fin décembre. Et le hasard fait qu’en début de semaine, l’Observatoire national de la biodiversité a diffusé son rapport annuel contenant des “chiffres-clés” sur la faune et la flore française. Pour ceux que ça intéresse : ils sont alarmants.

 

Seules 28,8% des espèces ultramarines sont “sont référencées de façon satisfaisante”

 

On y apprend notamment que la plupart des espèces endémiques en France se situent dans les outre-mer. Ou que “24% des Français jugent que l’érosion de la biodiversité est un des problèmes environnementaux les plus préoccupants” (on écrit donc ça pour les deux ou trois clampins qui vont nous lire, salut, les copains).

Il faut noter une limite à ces chiffres : malgré un travail réalisé en collaboration avec les acteurs de terrain dans chaque département français, toutes les espèces n’ont pas été évaluées : en effet, les données suffisantes pour les classer – ou non – dans la catégorie “en voie d’extinction“, “non vulnérable”, etc. n’existent que pour… 3% d’entre elles. Or, parmi les espèce évaluées, 26% d’entre elles sont au moins “vulnérables“. Ça craint.

En ce qui concerne les outre-mer, 29% des zones coralliennes observées sont considérées en “diminution“. 40% des espèces évaluées dans notre département et ceux de nos cousins des DOM sont en danger. Soixante des cent espèces les plus envahissantes au monde sont présentes dans les outre-mer. Et seules 28,8% des espèces ultra-marines “sont référencées de façon satisfaisante” : en fait, on ne connaît presque rien de nos voisins à pattes ou à racines. Et pour celles qu’on connaît, ça sent pas bon : les chiffres de l’Observatoire se basent, en ce qui concerne La Réunion, sur les listes rouges pour la flore et la faune. Et puisqu’elles risquent de canner bientôt, autant retenir ces jolis noms tout de suite : cabot noir, phasme du palmiste rouge, liane café, bois amer…

La cause principale ? L’empiètement, toujours plus important, de l’homme sur les surface sauvages : “L’artificialisation constitue également un enjeu fort dans les outre-mer insulaires.” Mais c’est quand même pas un arbre à la con que personne connaît qui va nous empêcher de construire cette digue, non ?

Loïc Chaux